Une élu grenoblois condamné à 18 mois de prison avec sursis

Conseiller municipal d’opposition depuis 2020, Cherif Boutafa est poursuivi depuis plusieurs années par la justice pour avoir participé à un réseau d’exploitation de travailleurs sans papiers vietnamiens, puis d’avoir enfreint la législation sociale et du travail dans le cadre de son activité de restaurateur.

Un an de prison ferme en première instance

En 2021, le tribunal correctionnel de Lyon l’avait condamné à deux ans de prison, dont un avec sursis, ainsi qu’à 20 000 euros d’amende pour « aide à l’entrée, à la circulation ou au séjour irréguliers d’un étranger, commis en bande organisée ». L’élu avait interjeté appel.

Une peine allégée en appel mais les faits confirmés

Quatre ans plus tard, la cour d’appel l’a finalement condamné à 18 mois de prison entièrement assortis du sursis, tout en confirmant l’amende de 20 000 euros. Les magistrats soulignent la gravité des faits, mais prennent en compte l’absence d’antécédents judiciaires et la situation familiale de l’élu, estimant qu’un sursis constitue « une réponse ferme » destinée à le dissuader de toute récidive.

Un autre procès à venir

L’affaire judiciaire est cependant loin d’être terminée. Dans un autre volet, Chérif Boutafa et son associé Laurent Huynh devront comparaître prochainement devant le tribunal correctionnel de Grenoble. Ils sont poursuivis pour travail dissimulé, emploi d’étrangers sans autorisation de travail et non-respect des règles encadrant les horaires variables des salariés.

Sa femme accusée d’escroquerie

Son épouse, Nassira Boutafa, devra également répondre à des accusations d’escroquerie. Elle est soupçonnée d’avoir travaillé entre 2017 et 2020 dans le restaurant de son mari (le Wok Asia à Meylan) alors qu’elle était officiellement en arrêt maladie. Durant cette période, elle occupait par ailleurs un poste de gardienne d’école au sein de la mairie de Grenoble.

Que va faire Alain Carignon ?

La condamnation n’a pas été assortie d’une peine d’inéligibilité donc Cherif Boutafa peut rester conseiller municipal au sein du groupe d’Alain Carignon. Reste à savoir si ce dernier, qui vient d’inaugurer son local de campagne, va vouloir placer dans sa future liste un élu dont le casier judiciaire n’est plus vierge.

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