C’est une décision qui risque de raviver le débat entre pro et anti loup. L’État a annoncé cette semaine que les éleveurs pourront, dès 2026, tuer des loups attaquant leurs troupeaux sans demander l’autorisation préalable de la préfecture. Jusqu’ici, un tir de défense nécessitait une validation dérogatoire et la mise en place de mesures de protection comme des chiens patou ou des clôtures électriques.
Des tirs autorisés dès 2026
Selon Fabienne Buccio, préfète de la région Auvergne-Rhône-Alpes et coordinatrice du Plan national d’actions sur le loup, cette réforme représente“une simplification significative des conditions de tirs de défense”. Les éleveurs ou chasseurs mandatés pourront désormais intervenir directement en cas d’attaque et n’auront qu’à déclarer le tir à la préfecture après coup. La légalité restera strictement encadrée : seuls les tirs en cas d’attaque seront autorisés.
Des chiffres inquiétants
Chaque année, l’État fixe un quota national pour l’abattage de loups, estimé à 19 % de la population annuelle, évaluée à environ 1 000 individus. Pour 2025, 192 prélèvements ont été autorisés et 146 loups ont déjà été abattus depuis janvier. Cette année, les attaques sont en augmentation de 25% selon la préfecture ce qui inquiète particulièrement les éleveurs. Le site de référence maploup, comptabilise pour l’Isère, 280 attaques depuis le début de l’année pour 588 victimes (dont 93 bovins).
Entre satisfaction et colère
Après cette annonce, les réactions sont contrastées. Certains éleveurs saluent cette mesure, tandis que d’autres réclament des quotas plus élevés pour faire face à la multiplication des attaques. Une demande soutenue par l’Association Nationale des Élus de Montagne (ANEM) qui veut également que tout éleveur ayant un permis de chasse puisse effectuer un tir de défense (en se déclarant préalablement en préfecture). De leur côté, les défenseurs de la faune sauvage dénoncent“une chasse aux loups tous azimuts” et alertent sur les risques pour la conservation de l’espèce.