La Clinique Mutualiste de Grenoble est-elle en danger ?

La mise en liquidation judiciaire du groupe AVEC, propriétaire de l’établissement, soulève de nouvelles inquiétudes autour du futur de la Clinique Mutualiste de Grenoble. Réunis vendredi 17 octobre, des représentants syndicaux de Force Ouvrière, d’associations d’usagers et de l’union de quartier Berriat-Saint-Bruno ont fait le point sur la situation financière de l’établissement et sur leurs attentes vis-à-vis d’un éventuel repreneur.

L’ancien patron accusé de détournements 

Le groupe AVEC, gestionnaire de la clinique, fait face à une procédure judiciaire tandis que son fondateur, Bernard Bensaïd, est poursuivi pour détournement de fonds publics et prise illégale d’intérêts. Dans ce contexte tendu, les perspectives pour la structure grenobloise apparaissent incertaines.

Une situation financière préoccupante

Selon les acteurs locaux, la situation financière de la clinique est particulièrement préoccupante. L’Agence Régionale de Santé aurait renoncé à verser plusieurs millions d’euros de garantie de financement, en raison du maintien de Bernard Bensaïd à la tête du groupe, malgré la présence d’administrateurs provisoires. Par ailleurs, un contrôle fiscal de près de cinq millions d’euros lié à une TVA non perçue viendrait encore alourdir la dette de l’établissement.

Un redressement judiciaire possible

Ces éléments laissent craindre, selon plusieurs représentants, un possible redressement judiciaire de la clinique dans les semaines à venir, une décision qui pourrait intervenir dès novembre 2025. Face à cette situation, les acteurs du territoire insistent sur la nécessité de préserver l’identité mutualiste de la clinique et de garantir son ancrage local. Ils souhaitent qu’un futur repreneur soit issu du territoire grenoblois, connaissant les besoins de la population et les dynamiques du secteur hospitalier local.

L’espoir d’un repreneur local

Ces collectifs demandent également un droit de regard sur la future gouvernance de la clinique. Ils plaident pour une gestion concertée associant les syndicats, les représentants des usagers, la Métropole et la Ville de Grenoble. Leur objectif : éviter que la clinique ne retombe dans les dérives financières et organisationnelles observées ces dernières années sous la direction du groupe AVEC.

Alors que l’avenir de la Clinique Mutualiste reste suspendu aux décisions judiciaires et économiques des prochaines semaines, les acteurs grenoblois espèrent que la reprise de l’établissement permettra de renouer avec les valeurs de solidarité et de service public qui ont longtemps guidé son action.

Partager cet article