La Descente des Alpages – Grenoble célèbre ses terroirs

À Grenoble, la Descente des Alpages n’est pas qu’un rendez-vous festif : c’est une vitrine du territoire, de ses traditions et de ses mutations. Pendant deux heures, une émission enregistrée au cœur de l’événement a dressé un panorama sensible et vivant de la région alpine, autour de ce qui la nourrit, la façonne et la fait avancer.

Les plantes, fil rouge de cette 15e édition, s’est glissée partout. Dans les cuisines, elle inspire les chefs ; dans les cueillettes matinales, elle reconnecte à la nature ; dans les boissons et les remèdes, elle renoue avec des savoirs anciens tout en ouvrant la voie à de nouvelles pratiques.

Mais cette année, de grandes absentes : les vaches. Privées de descente en raison de l’épidémie de dermatose nodulaire, elles ont laissé place à un élan de solidarité envers leurs éleveurs. Un rappel que derrière les sourires et les musiques, il y a aussi un monde agricole qui tient bon, parfois à bout de bras.

Les animaux, malgré tout, étaient bien là. Moutons, chèvres, chevaux de montagne : à travers eux, ce sont des métiers, des vocations, des liens profonds avec le territoire qui se sont racontés. Comme à chaque édition, les fromages ont trouvé leur place naturelle dans cette chaîne de transmission entre terre, main, goût et tradition.

Dans ce tableau du bien produire et bien vivre , l’agriculture de proximité a été mise en avant. Des coopératives aux labels locaux, tous ont défendu une vision sobre, juste et durable de l’alimentation. Car ici, on ne parle pas seulement de produits, mais d’engagements.

Ce lien fort avec le territoire nourrit aussi une identité alpine affirmée, qui se reflète dans l’économie locale, les pratiques agricoles, les paysages et même dans l’imaginaire collectif. Une identité qui ne serait pas complète sans sa dimension inclusive : l’agriculture, l’artisanat et le sport y deviennent aussi des espaces d’intégration, de valorisation, parfois de renaissance.

Et demain ? L’avenir s’incarne déjà dans les jeunes en formation, futurs agriculteurs ou cuisiniers, qui prennent doucement le relais, malgré les difficultés du métier. Il s’inscrit aussi dans la préservation d’un patrimoine vivant : moulins, forts, savoir-faire anciens qui continuent d’exister, souvent grâce à la passion de quelques-uns.

Enfin, l’émission a ouvert la réflexion sur l’agriculture de demain : comment accompagner le changement ? Comment concilier modernité et tradition, efficacité et respect du vivant ? Autant de questions essentielles pour un territoire qui regarde l’avenir sans renier ses racines.

Cette émission, à l’image de la Descente des Alpages elle-même, a rappelé que le terroir alpin est bien plus qu’un décor : c’est une matière vivante, collective et en constante évolution.