Et si le sport ne dépendait plus de la vue, mais de l’écoute ? C’est le défi que relèvent les joueurs de torball, un jeu où l’ouïe guide chaque mouvement.

Le torball, un handisport méconnu

Née en Allemagne, cette discipline collective a été conçue pour les personnes malvoyantes et non-voyantes, mais elle rassemble aujourd’hui des joueurs valides et déficients visuels, unis par la même passion. Marc Vieljus le pratique depuis plus de 20 ans : « J’ai commencé à l’âge de 10-12 ans. Je suis déficient visuel depuis la naissance, j’étais à l’école à l’Arc-en-ciel, l’école des aveugles à Marseille, et c’était le sport de prédilection pour les déficients visuels. » Arrivé à Grenoble en 2013, il a pris la responsabilité de créer la section locale, car il n’y avait pas de torball ni de sport pour les déficients visuels ici.

Un ballon avec des grelots

Le torball se pratique avec un ballon sonore, avec des grelots dedans, un masque opaque sur les yeux, sur un terrain de 16 mètres de long sur 7 de large. Trois joueurs de chaque côté s’affrontent, et au centre du terrain, trois cordes à hauteur de 40 cm sous lesquelles il faut tirer sans les toucher, sinon c’est coup franc. Lucas Perrault a découvert ce sport grâce à Marc lors d’une initiation au collège : « C’est un sport qui est un peu en déclin, pas très connu, pas très médiatisé. Les villes où on peut le pratiquer sont de plus en plus restreintes, il doit en rester une bonne dizaine en France. »

Faire bouger ceux qui ne bougeraient pas

Malgré tout, des clubs s’efforcent de faire vivre cette discipline, comme à Grenoble où la section rassemble une dizaine de joueurs passionnés. Basé au centre sportif Jean-Philippe Motte, le club porte une ambition forte : faire découvrir ce sport unique tout en promouvant l’inclusivité. « Grenoble, c’est une des premières villes au niveau de l’accessibilité », note Lucas Perrault. « Ça permet de mixer tout ça et de faire bouger ceux qui autrement ne bougeraient pas. »

Le club se réunit tous les mardis de 17h à 18h30 au centre sportif Jean-Philippe Motte et les vendredis aux mêmes horaires au gymnase de l’école Ferdinand Buisson.

 

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