Depuis le 28 mars, la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) suivait une couvaison d’aigles royaux sous le sommet du Moucherotte qui aurait dû donner une éclosion au 12 mai. Or, plus aucune activité n’a été constatée sur le nid à partir du 18 mai alors qu’une présence importante de parapentes a été observée et photographiée ce même jour (plus de 70) dont certains à quelques mètres du nid.
Ces passages de parapentes ont provoqué un dérangement très fort qui a entrainé l’abandon du nid par les deux parents et la mort du jeune aiglon. Ces survols sont pourtant interdits par un arrêté municipal de la Ville de Claix du 8 avril 2025, qui instaure une bulle de quiétude (sphère de rayon de 300 mètres) sur la zone de nidification. Dans cette zone, toute pénétration humaine est interdite : » La Ville de Claix avait informé les structures, association, clubs et fédérations concernées de son arrêté. Il était donc difficile de « ne pas savoir » estime la LPO qui a décidé de porter plainte vis-à-vis de ces actes délibérés.
L’association regrette le comportement irresponsable de certains pratiquants de vol libre qui privilégient selon elle « leur plaisir personnel au détriment du patrimoine naturel qui est un bien commun. Et ce malgré le travail engagé depuis plusieurs années avec la Fédération de Vol Libre et les clubs associés, notamment à travers la plateforme collaborative Biodiv’Sports.«
Déjà en 2023, la LPO avait porté plainte dans une zone proche, pour le dérangement d’un couple d’Aigle royal par un parapente qui avait déjà provoqué un échec de reproduction. Ces atteintes répétées montrent, pour ce site, les limites de la médiation et la nécessité de mettre en place une protection forte sur les falaises du Vercors.
Un projet d’Arrêté Préfectoral de Protection du Biotope (APPB) actuellement ouvert à la consultation du public jusqu’au 15 juin, devrait définir 4 bulles de quiétude qui garantiront la reproduction des aigles royaux et faucons pèlerins, autre rapace présent dans ces milieux. La LPO rappelle qu’il ne s’agit pas ici d’interdire mais de réglementer afin de préserver notre patrimoine naturel commun à toutes et tous. Cette prise de conscience est générale en Isère mais aussi ailleurs.